1856
L’inondation de mai 1856 résulte d’une crue généralisée liée à la concordance exceptionnelle d’une pluviométrie très forte océanique et méditerranéenne (110 mm de pluie en 48 heures à Lyon, 150 mm dans la Drôme et l’Ardèche).
À Lyon, le débit du Rhône atteint 4200 m3/s en même temps que la Saône apporte 1800 m3/s, soit un débit de 6000 m3/s à Givors. D’après Maurice Pardé, il s’agit de la plus redoutable concordance jamais observée. Plus à l’aval, les concordances sont parfaites avec les crues de l’Isère (2600 m3/s), de la Drôme (820 m3/s) ou de la Durance (2000 m3/s). Le débit à Beaucaire atteint ainsi 12 500 m3/s.

1890
En septembre 1890, une pluviométrie très forte touche le Gard (600 mm cumulés sur la Cèze) et l’Ardèche (700 mm sur six jours) et provoque une crue cévenole qui touche la partie la plus aval du Rhône.
L’Ardèche dont la crue est décalée d’une journée avec celle du Rhône atteint un débit de 7500 m3/s et les Gardons 2900 m3/s.
Les fortes crues de l’Ardèche provoquent à la confluence un remous important. Les eaux de l’affluent peuvent alors barrer la route du Rhône et aller frapper la rive opposée en provoquant des débordements à Lamotte-du-Rhône. Les populations situées à l’aval parlent en ce cas des “crues de l’Ardèche” plutôt que de celles du Rhône, comme si l’affluent continuait de se distinguer dans le lit du Rhône.

1899-1910
Après des pluies océaniques importantes sur le Rhône amont à la mi-octobre 1896, des événements pluvieux généralisés se succèdent jusqu’à la fin du mois pour former une crue généralisée du Rhône, particulièrement forte à l’aval de Lyon du fait de la concomitance des crues de la Saône et du Rhône. C’est la troisième plus importante après celles de 1840 et 1856. On enregistre 6800 m3/s à Valence et 7200 m3/s à Viviers.
Au printemps 1902, le Rhône déborde ponctuellement à l’aval de Valence. En janvier 1910, en même temps que la crue historique de la Seine, le Rhône connaît une crue océanique. On mesure des débits importants sur les affluents de l’amont : 1700 m3/s sur le Doubs ; 2380 m3/s sur la Saône ; 1800 m3/s sur l’Ain et 1000 m3/s pour l’Isère. La crue est exceptionnelle à Lyon. En décembre de la même année, une crue méditerranéenne touche l’aval du Rhône.

1935
En 1935, la pluviométrie a été très importante depuis le mois d’octobre venant saturer les sols. De fortes averses se succèdent au début du mois de novembre d’influence océanique d’abord puis cévenole et provençale ensuite. La crue du Rhône se prolonge jusqu’en janvier 1936 et touche particulièrement l’aval du bassin.
Avignon focalise l’attention de la presse et devient la ville sinistrée emblématique de ces inondations exceptionnelles. Cependant, des débordements ont lieu sur l’ensemble du bassin depuis Lyon jusqu’à l’aval particulièrement touché où les articles de presse relatent la situation de villes et de villages tel Roquemaure, Arles, Aramon, Beaucaire, Caderousse, Piolenc ou encore Vallabrègues.

1944-1955
Les deux épisodes pluvieux de novembre 1944 ont été accentués par la fonte des neiges pour former une crue très forte sur l’amont du Rhône, bien qu’écrêtée par les barrages suisses. La sortie du Rhône du Lac Léman a été gérée de manière à limiter le débit au moment du passage de la crue de l’Arve. On compte 1520 m3/s à Pougny, 2400 m3/s à Lagnieu, 4250 m3/s à Lyon. La crue méditerranéenne de novembre 1951 touche principalement l’aval de Valence. En janvier 1955, la crue de la Saône atteint 2800 m3/s à l’entrée de Lyon et ses effets se font sentir sur la vallée du Rhône jusqu’à Avignon.