L’État souhaitant disposer d’éléments techniques les plus robustes possibles en matière de suivi de l’espèce, une structure de collecte d’informations de terrain, le Réseau Grands Carnivores Loup-Lynx, a été mise en place et est pilotée par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et par les Directions départementales des Territoires (DDT). Il regroupe environ 1500 correspondants formés par l’ONCFS.
Compte tenu des ordres de grandeur connus des capacités de dispersion et des densités de populations du loup, l’outil de suivi de l’aire de répartition et de l’évolution des effectifs a dû être conçu pour être opérationnel sur de vastes superficies, avec un effort d’échantillonnage aussi soutenu que possible tant dans l’espace que dans le temps. Le Réseau Grands Carnivores Loup-Lynx recueille différents indices de présence sur le terrain, remplissant ainsi cette mission de monitoring extensif sur l’ensemble de l’aire de présence détectée du loup. Un suivi plus intensif des zones avec présence stabilisée de l’espèce, en hiver lorsque les effectifs ne sont pas modifiés par la dispersion, et en été pour la mise en évidence de la reproduction, vient compléter ce dispositif.
Le Réseau Grands Carnivores Loup-Lynx est issu du regroupement du réseau loup et du réseau lynx depuis que les territoires des deux espèces se chevauchent : retour du lynx dans les Alpes et présence, sporadique pour l’instant, du loup dans le Jura. Aujourd’hui le réseau loup-lynx se développe parallèlement à l’expansion des deux prédateurs.
- Quoi De Neuf n°5 - p.1 : Fusion des réseaux Loup et Lynx et des méthodes de suivi dans les Alpes suite au retour du lynx
- Quoi De Neuf n°19 - p.10 : Bilan du fonctionnement du réseau à l’occasion de son quinzième anniversaire
- Quoi De Neuf n°20 - p.7 à 10 : Évolution du réseau Loup-Lynx avec l’évolution de la présence du loup
Les correspondants du réseau effectuent chaque année des suivis de la population par relevés d’indices de présence.
La plupart sont effectués en hiver, après des chutes de neige, notamment pour détecter plus facilement les empreintes. Des parcours pré-établis sont réalisés plusieurs fois durant l’hiver et les indices relevés sont analysés pour établir les zones de présence permanentes (ZPP) et temporaires de l’espèce. Une ZPP est un territoire sur lequel au moins 3 indices ont été relevés pendant 2 hivers consécutifs. On considère alors que la zone est occupée par au moins un loup "installé" ; c’est son territoire.
Cette méthode permet de dénombrer les loups par différenciation des empreintes dans la neige (mais parfois les empreintes se confondent, les loups se déplaçant en file indienne dans la neige) ou par identification génétique pour les traces "biologiques" (féces, urine, sang, poils).
Un autre type de suivi est réalisé : le hurlement provoqué. Le principe est d’imiter le hurlement d’un loup pour susciter chez une meute installée une réponse en réaction de défense du territoire. L’objectif principal est de mettre en évidence l’éventuelle reproduction de l’année en cours. Pour ce faire, plusieurs équipes se répartissent autour des sites de rendez-vous lorsqu’ils sont identifiés. Ces opérations sont réalisées en été, période pendant laquelle le jappement des louveteaux peut être distingué du hurlement des adultes.
Cette technique ne permet pas de dénombrer les loups pour deux raisons. La première vient du fait que tous les loups d’une meute ne vont pas forcément répondre. La seconde est liée aux limites de l’ouïe humaine : à partir de 3 ou 4 individus hurlant en chœur, il est impossible d’individualiser à l’oreille les animaux.
La faune n’est pas particulièrement perturbée par ces opérations car elle est habituée à entendre les loups hurler toute l’année.
Le principe de fonctionnement du réseau Loup/Lynx (d’après ONCFS) :
- Actes du séminaire de restitution du programme LIFE - p.11 : Suivi de la population de loups en France par le réseau grands carnivores