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  Entre crainte et respect  

Louve romainePour beaucoup de peuples anciens et antiques le loup était considéré avec beaucoup de respect et souvent comme à l’origine de l’homme (Amérindiens, Mongols…). Dans la mythologie romaine par exemple, une louve a recueilli et élevé les 2 fondateurs de Rome et symbolise la pax romana. Une louve est également à l’origine des premiers Turcs.

La diabolisation a débuté avec les grandes religions monothéistes occidentales et les invasions par des peuples germaniques et barbares. En effet les guerriers de certains de ces peuples se couvraient de peaux de loup, créant une image négative du loup. En ajoutant les dégâts causés sur l’élevage en expansion, le loup a pris une composante diabolique. La propagation de ces religions a également diffusé cette vision extrêmement négative à l’origine des persécutions des siècles suivants. Ainsi les campagnes de destruction et d’extermination (très souvent encouragées par les États par des primes d’abattage) ont perduré jusqu’au milieu du XXème siècle et causé la forte régression, voire la disparition du prédateur dans de nombreux pays (France, Suède, Royaume-Uni…).

Portrait d'un indien avec une peau de loupEn Amérique du Nord, alors que les Amérindiens respectaient les loups, l’arrivée des européens et la christianisation qui s’en est suivie a provoqué une destruction systématique de l’espèce, aggravée par l’extermination des bisons. Outre l’extermination directe, la chasse sans limite des ongulés sauvages a entraîné une augmentation des attaques de loups sur les troupeaux domestiques par report de prédation. Ces attaques sur le cheptel ont accru la haine vouée au loup et accéléré sa destruction.

Alors que les effectifs de l’espèce sont au plus bas à travers le monde, une prise de conscience internationale des problèmes écologiques permet la mise en place dans de nombreux pays où le loup a pratiquement disparu de lois de protections associées à des conventions internationales à partir des années 1970. Ainsi les populations lupines résiduelles sont strictement protégées et, grâce à des réintroductions et protections des ongulés sauvages, commencent à croître et recoloniser des territoires qu’elles avaient perdus. C’est par exemple le cas des loups italiens dont la centaine d’individus survivant dans les Abruzzes s’est multipliée et a migré vers le sud et le nord, jusqu’à l’arc alpin, et a finalement traversé la frontière franco-italienne pour s’installer dans le Mercantour en novembre 1992. Et c’est à partir de là que le loup a progressivement recolonisé les Alpes françaises et aujourd’hui d’autres massifs (Massif Central, Pyrénées, Jura).

- Actes du séminaire de restitution du programme LIFE - p.129 : La dimension humaine du conflit hommes/loups

 

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