Depuis les premiers cas de prédation du loup constatés sur les troupeaux domestiques en 1993, le nombre d’attaques et de victimes a augmenté en corrélation avec l’expansion du territoire occupé par le loup.
A l’échelle d’un territoire, la colonisation par le loup se traduit dans les premières années par un nombre d’attaques et de victimes directes et indirectes important, puis par une relative diminution suite à la mise en place de moyens de protection. Dans les ZPP "anciennes", le nombre annuel d’attaques de loups se stabilise en moyenne à 40.
Bilan des attaques, victimes et montants des indemnisations par département depuis 2004 :
Répartition mensuelle des attaques par département :
Compte-tenu des territoires colonisés par le loup et de la prépondérance des systèmes d’élevage avec présence en estive, l’essentiel des attaques a lieu de juin à octobre. Dans les Alpes du sud, notamment les Alpes-Maritimes, cette tendance est moins marquée avec de nombreux troupeaux au pâturage 11 à 12 mois par an.
Evolution des attaques par massif à loup :
Pour faire une analyse de l’évolution des attaques indemnisées au titre du loup avec une entrée biologique, il est intéressant de délimiter des massifs géographiques occupés par le loup.
La carte ci-dessous présente ces massifs. Leurs limites ont été tracées sur des bases topographiques. Chaque massif inclus une ZPP et est plus vaste que le territoire des meutes. Pour faciliter la lecture, les massifs ont été nommés de la même façon que les ZPP qu’ils englobent.
L’ensemble des attaques de la période 1994-2008 ont été agglomérées par massif et ont été représentées selon leur date de survenue dans l’année (regroupement par quinzaines).
Il en résulte trois profils distincts permettant de regrouper les massifs en trois catégories :
catégorie 1 : des attaques réparties sur toute l’année, sans pic bien défini, avec des attaques en fin d’automne à un niveau important et un niveau bas en fin d’hiver-début du printemps ;
catégorie 2 : des attaques toute l’année avec un pic du début de l’été à l’automne ;
catégorie 3 : des attaques concentrées quasi-exclusivement sur la période estivale et le début de l’automne.
Pour les tableaux et graphiques suivants, les couleurs correspondent à :
Pas d’attaques
< 10 % du maximum
< 33 % du maximum
< 66 % du maximum
> 66 % du maximum
En regroupant les données pour chaque catégorie, on peut représenter la répartition mensuelle des attaques sur des graphiques :
Ce profil correspond à trois massifs : Cheiron-Estéron, Canjuers et Vésubie-Tinée.
Ce profil correspond à cinq massifs : Grand Coyer, Vésubie-Roya, Moyenne Tinée, Haute Tinée et Monges.
Ce profil correspond à seize massifs : Parpaillon-Ubaye, Bauges, Bornes, Jocou-Durbon, Thabor-Galibier, Taillefer, Clarée, Vercors-Hauts Plateaux, Tarentaise, Trois Évêchés-Ubaye, Vercors Ouest, Haute-Maurienne, Bachelard-Haut Verdon, Béal-Traversier, Belledonne et Queyras.
Le risque de prédation semble s’expliquer en partie par la durée de pâturage des troupeaux :
catégorie 1 : les attaques sont à leur niveau le plus bas en fin d’hiver – début du printemps pendant la période de mise-bas pendant laquelle les troupeaux sont majoritairement en bergerie et donc moins exposés à la prédation ;
catégorie 2 : quelques troupeaux sont dehors toute l’année ; à partir du printemps jusqu’à l’automne, le nombre de troupeaux au pâturage augmente sensiblement ;
catégorie 3 : secteurs dans lesquels les animaux sont surtout exposés pendant l’estive.
Cette typologie correspond à un gradient nord-sud correspondant aux différences de durée de pâturage :
Cartes des bilans communaux des attaques indemnisées au titre du loup :
année 2010
année 2009
année 2008
année 2007