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  La dynamique de l’élevage ovin  

Avec plus de 10 % du cheptel français, l’élevage ovin du massif alpin représente l’un des principaux bassins de production d’agneaux à l’échelle nationale. C’est d’ailleurs le bassin ovin qui maintient le mieux ses effectifs dans la durée : dans un contexte de forte baisse au niveau national, les deux régions concernées (Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Rhône-Alpes) sont les seules à voir leur effectif stabilisé sur les 25 dernières années.

Cette stabilité est liée à une diminution du nombre d’éleveurs, avec une augmentation de l’effectif moyen dans les exploitations, qui atteint plus du double de la moyenne nationale dans les Alpes du Sud où se concentre l’essentiel du cheptel (330 brebis par exploitation en 2006 contre une moyenne nationale d’environ 150 brebis).

Il s’agit donc en très grande majorité d’un élevage ovin spécialisé, c’est-à-dire qui tire du troupeau la totalité ou la majorité de son revenu. Les aides de la Politique Agricole Commune jouent un rôle essentiel pour le maintien de ce type d’activité, dont le revenu moyen est nettement inférieur à celui de la plupart des autres productions agricoles.
Troupeau de moutons
Les principales races ovines rencontrées sont toutes rustiques et héritières de la longue histoire de l’élevage alpin : Mérinos d’Arles, Préalpes du sud, Mourérous et Thônes et Marthod. L’introduction de la Mérinos au début du 19ème siècle a conforté la vocation lainière des gros troupeaux méditerranéens.

Mais cette orientation est tombée en désuétude dès la fin du même siècle suite à la suppression des droits de douane sur la laine, qui a rendu la production de laine française peu concurrentielle face aux importations. Dans les montagnes, les troupeaux étaient petits et s’inscrivaient dans des exploitations conduites en polyculture - élevage qu’ils pourvoyaient en fumier, seul engrais disponible. D’où la valeur économique de la transhumance pour les communautés montagnardes : quand les grands troupeaux provençaux repartaient, leur fumier soigneusement récolté dans des parcs de nuit en pierre sèche étaient utilisables par les paysans locaux, en complément de leurs trop maigres ressources locales en la matière.

Quand le fumier a perdu toute valeur économique à la fin du 19ème siècle, le regroupement nocturne a été abandonné dans un contexte où la disparition du loup ne posait plus de problème de sécurité pour le troupeau. Pour un historien de l’époque, ce bouleversement des pratiques pastorales a permis une forte amélioration des alpages en permettant une bien meilleure répartition du pâturage et des couchades…

Depuis le retour du loup, le regroupement nocturne du troupeau pour le protéger de la prédation peut être un facteur de dégradation des alpages.

- Actes du séminaire "Loup-élevage : s’ouvrir à la complexité" (p.14 à 20) : Pastoralisme et élevage ovin en zones de prédation dans le sud-est de la France

 

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