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Les atlas des zones inondables en Rhône-Alpes
 
Les typologies de crues

    Une crue correspond à une augmentation rapide et temporaire du débit d'un cours d'eau au delà d'un certain seuil auquel toute analyse doit faire référence.
Elle est décrite à partir de trois paramètres : le débit, la hauteur d'eau et la vitesse du courant.
En fonction de l'importance des débits, une crue peut être contenue dans le lit ordinaire, dénommé lit mineur , ou déborder dans son lit moyen ou majeur .



Les types de crues



Crues lentes
Les crues lentes ou crues de plaine sont observées sur les fleuves et grands cours d’eau : le Rhône, la Saône, la Loire, l’Isère en aval d’Albertville, la basse vallée de l’Ain.
Les phénomènes sont relativement lents ; ils mettent en jeu des débits et des volumes d’eau considérables.
L’inondation de vastes champs d’expansion dans le lit majeur est un phénomène inéluctable et utile au laminage des pointes de crues.
  l'exemple de la Saône
 
Un exemple de crues lentes nous est donnée par la Saône : grand bassin versant (25 000 km²), grande longueur (480 km²), très faible pente sur son cours inférieur, vastes champs d'expansion des crues.

La crue de mars 2001 était la plus importante survenue depuis 1983, on lui attribue une fréquence environ vingtennale :
Les précipitations ont été répétées tous au long du mois et réparties sur l'ensemble du bassin ; le maximum de la crue (22 au 24 mars) ne correspond pas au maximum de la pluie, situé au milieu du mois, mais plus tard, lorsqu'une pluie plus faible est tombée sur des terrains fortement saturés.
A l'entrée de l'agglomération lyonnaise, (Couzon) , le niveau d'eau monte dès le 4 mars à partir de la cote 2.40, atteint un premier palier le 10 (cote 6.30), augmente très légèrement jusqu'au 17 (cote 6.80), puis plus nettement jusqu'au 22 où il est à son maximum (cote 8.44) qui se maintient pendant 3 jours environ, puis baisse ensuite pour retrouver la cote 5.20 le 4 avril.

L'événement a donc duré 1 mois : l'alerte a été déclenchée par le service d'annonce de crues le 7 mars pour être levée le 2 avril, elle aura duré 27 jours.
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Crues rapides
Les crues rapides sont ainsi qualifiées si le temps de montée des eaux est inférieur à 12 heures ; elles se produisent sur de plus petits bassins versants ; elles peuvent néanmoins atteindre des débits de pointe très importants lorsque les paramètres défavorables se conjuguent : c’est particulièrement le cas en Ardèche avec la violence des pluies d’automne et le relief très marqué des pentes cévenoles.
  l'exemple des crues cévenoles
 
Le relief cévenol, qui marque la bordure sud-est du massif central dans les département du Gard et de l'Ardèche joue un double rôle dans la formation des crues, en favorisant les précipitations par l'effet de barrière aux masses orageuses venues de la Méditerranée, ainsi que le ruissellement et les écoulements par les pentes fortes des terrains et des rivières.

A leur confluent, les crues exceptionnelles de l'Ardèche sont presque aussi importantes que celle du Rhône : la crue centennale de l'Ardèche est estimé à 6500 m3/s et la crue centennale du Rhône à Viviers est estimé à 8100 m3/s ; à la différence des crues du Rhône, considérées comme "lentes", les crues de l'Ardèche sont extrêmement rapides : le temps de montée peut être inférieur à 3 heures sur le cours amont et à 8 heures sur le cours aval.

Les épisodes cévenols surviennent le plus souvent en automne (le dernier événement grave est celui du 22 septembre 1992 sur l'Ardèche amont), parfois en été (la crue record du 20 ème siècle sur l'Eyrieux et le Doux est survenue le 3 août 1963). Ces deux évènements ont été meurtriers : 8 morts le 4 août 1953, 4 morts le 22 septembre 1992.
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Crues torrentielles ou crues éclair
Les crues torrentielles ou crues éclair ont un temps de montée très court (quelques heures) ; elles se produisent sur de petits bassins versants à l’occasion d’orages localisés, là où la pente et l’imperméabilisation favorisent le ruissellement.
Elles sont fréquentes en Rhône-Alpes ; en montagne, elles peuvent s’accompagner de fortes érosions et de charriage de matériaux.
  l'exemple du Grand Bornand le 14 juillet 1987
 
La crue du Borne ravagea le camping du Grand Bornand en Haute-Savoie le 14 juillet 1987 où elle fit 23 victimes; des précipitations orageuses intenses ont stationné pendant trois heures sur le bassin du Borne et son affluent le Chinaillon.

Ici encore le relief a joué un rôle important dans les ruissellements, avec un facteur aggravant : les transports solides amenés par le torrent : laves torrentielles, arbres qui obstruent les ouvrages, modifient les conditions d'écoulement et provoquent des débordements imprévus.
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L'inondation par ruissellement pluvial
Le risque d'inondation par ruissellement pluvial résulte principalement de spécificités climatiques locales, capables de générer des précipitations élevées sur des durées relativement faibles, et de facteurs aggravants concernant la nature des bassins versants ( souvent de petites tailles) et de l'occupation des sols.


Comment le définit-on ?

Le ruissellement est la circulation de l'eau qui se produit sur les versants en dehors du réseau hydrographique lors d'un événement pluvieux. Sa concentration provoque une montée rapide des débits des cours d'eau, pouvant être amplifiée par la contribution des nappes souterraines.
Il existe différents types de ruissellement :
  • le ruissellement diffus dont l'épaisseur est faible et dont les filets d'eau buttent et se divisent sur le moindre obstacle,
  • le ruissellement concentré organisé en rigole ou ravines parallèles le long de la plus grande pente.
  • Le ruissellement en nappes, plutôt fréquent sur les pentes faibles, occupe toute la surface du versant.
Bien entendu, l'importance du ruissellement est très fortement influencée par : la pente, l'intensité de la pluie, l'occupation des sols ( imperméabilisation, mode culturaux….).


Quand apparaît-il et comment ?
  • le ruissellement apparaît lorsque les eaux ne sont plus ou pas absorbées par le sol, soit parce que l'intensité de la pluie est supérieure à la capacité d'infiltration soit parce que la pluie arrive sur une surface saturée.
  • Le ruissellement est souvent très localisé, du à des précipitations violentes se produisant sur des bassins versants de faible taille ( généralement inférieur à 30 km2 )
  • L'écoulement ne va pas systématiquement dans un cours d'eau défini,
  • Le phénomène pluvieux est intense souvent exceptionnel et de courte durée.

Quels sont les facteurs aggravants ?
  • le couvert végétal : la végétation a un rôle prépondérant par son important pouvoir de rétention de l'écoulement, les terrains à forte végétation ont moins tendance à ruisseler que les sols nus. C'est pourquoi une absence de végétation conduira à des temps d'écoulement beaucoup plus courts.
  • l'état et le travail du sol : la nature du sol et son état sont des éléments essentiels dans la formation du ruissellement. Une terre tassée et desséchée (croûte de battance ) favorise un déclenchement rapide du ruissellement qui sera plus lent à survenir si la terre a été travaillée récemment.
  • l'occupation du sol en milieu rural : Depuis les 20 dernières années, les surfaces en prairies ont fortement diminué au profit des labours. Et la capacité de stockage des sols cultivées est beaucoup moins importantes que celle des terrains enherbés ou en forêts. Les pratiques culturales se sont profondément modifiées, prédominance des cultures sarclées et du maïs, changement des sens de labour (dans le sens de la pente et non plus en suivant les courbes de niveau) pour permettre le passage des engins agricoles….
    Cette évolution des modes culturaux s'est accompagnée d'une modification du parcellaire agricole : remembrement, arrachage des haies, suppression des fossés et talus….
  • l'augmentation des surfaces urbanisées : la progression de l'urbanisation a induit des surfaces imperméabilisées de plus en plus importantes sans pour autant prévoir des mesures compensatoires d'accompagnement.
    De nombreuses infrastructures réalisées en remblai sont très souvent des obstacles à l'écoulement ou canalisent les écoulements en augmentant ainsi leur vitesse.
    Et que dire, des très nombreux cours d'eau qui ont été canalisés ou recouverts en ville avec des capacités d'écoulement souvent inacceptables.
Mais, le rôle ou la part de ces facteurs aggravants principalement d'origine anthropique dépend bien entendu de leur pourcentage respectif, de leur étendue spatiale et surtout des caractéristiques physiques du bassin versant dans lesquelles elles s'inscrivent.
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Autres caractéristiques des crues
Par ailleurs, les caractéristiques des précipitations (extension, intensité, durée) et des bassins versants peuvent donner lieu, selon les cas, à trois types de crues caractérisées en fonction du mode de propagation de l'onde de crue :
  • les crues simples (pluies intenses de courte durée affectant généralement l'ensemble du bassin),
  • les crues multiples (précipitations se succédant à un intervalle de temps inférieur au temps de réponse le plus long du bassin, ou pluies de longue durée),
  • des crues complexes, juxtaposant les deux types de crues précédents.
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