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Les O.R.G.F.H. de Rhône-Alpes

   

   

   

   

   

   
 
 
 

Mise en oeuvre des ORGFH

   
 
Les orientations régionales de gestion de la faune sauvage et d'amélioration de la qualité de ses habitats (O.R.G.F.H.) en Rhône-Alpes
 
II - Etat des lieux
    II.3 Etat des lieux de la faune sauvage et de ses habitats
L'état des lieux de la faune sauvage et de ses habitats en Rhône-Alpes s'est effectué en deux temps :

  Recensement par les acteurs concernés, des activités humaines ayant eu un impact ces 30 dernières années sur la faune sauvage et ses habitats. Il s'agit d'un état des lieux " à dire d'experts ", et qui s'appuie sur des références bibliographiques.
NB : ce travail a été effectué dans le cadre de la première phase de l'élaboration des ORGFH, qui s'intéressait en premier lieu à la faune chassable et ses habitats. Ceci étant, il concerne essentiellement les pratiques humaines et s'applique largement à l'ensemble de la faune sauvage et des milieux qu'elle exploite.

  Dans chaque fiche espèce, un état des lieux plus précis présente :
     Un historique de la tendance des effectifs et de l'aire de répartition,
     Une liste des menaces pesant sur l'espèce (ou le groupe) et ses habitats,
     Une liste des interactions de l'espèce avec les activités humaines.

Les fiches Orientations de gestion présentées en chapitre III présentent les principaux éléments de l'état des lieux en première rubrique.


II.3.1. L'évolution des milieux : données bibliographiques

II.3.1.1. La régression des milieux naturels au niveau national
L'IFEN en 1996 indique que les prairies, en progrès constant jusqu'en 1970, ont amorcé une régression qui, en 25 ans, atteint - 25 % soit un taux de diminution 3 fois supérieur à celui des surfaces agricoles utilisées (- 7 %). Le recours à l'herbe pour nourrir les bêtes a été progressivement abandonné et les surfaces autrefois enherbées ont été transformées en terres cultivables. Les quotas laitiers instaurés en 1984 ont accéléré le phénomène : l'éleveur, limité dans sa production de lait, a réduit les surfaces destinées à nourrir ses "laitières" pour les affecter à des cultures de vente (céréales, oléagineux). La pression de la céréaliculture explique à elle seule 67 % de la disparition totale des surfaces en prairies (IFEN, 1996).

II.3.1.2. L'évolution des zones humides en Rhône-Alpes
Les zones humides de Rhône-Alpes ont donné lieu à une évaluation de leur état écologique, dans un rapport du Comité interministériel de l'évaluation des politiques publiques (Comité interministériel de l'évaluation des politiques publiques - Rapport Préfet BERNARD) en 1994.
Le tableau III résume les principales tendances d'évolution de ces zones humides (données de 1993)

Tableau III : Tendances d'évolution des zones humides en Rhône-Alpes (1960-1992)
Nom, présentation Intérêt particulier Evolution Superficie protégée
Val de Saône : Fleuve et sa vallée comprenant des prairies inondables, des étangs, des marais, des forêts alluviales et ripisylves. Prairies inondables fauchées où nichent Râle des Genêts, Courlis cendré et Barge à queue noire. Etapes migratoires. 1981-1992 : forte diminution des surfaces en prairie inondable (maïsiculture, populiculture, abandon, extraction de granulats). Mise à grand gabarit de la Saône entre Lyon et Chalon. 1 %
Haut-Rhône, basse vallée de l'Ain, lac Léman, lac du Bourget, marais de Lavours et Chautagne. Courlis cendré, Gorge bleue, Loutre, Castor. Forte régression des prairies humides de 1960 à 1992. Forte dégradation des plaines alluviales du Haut-Rhône. Causes : barrages, peupleraies, drainage et intensification agricole. 19 %
Moyenne vallée du Rhône : sites relictuels des grands espaces naturels du Rhône traditionnel (lônes, îles, gravières, brotteaux). Vastes plans d'eau sur les barrages favorables à l'hivernage des Anatidés Anatidés en hivernage, Castor, Bihoreau, Martin pêcheur. L'ensemble des milieux riverains (ripisylves, formations palustres, prairies humides, lônes) a fortement régressé dans la période 1960-1980. 6 %
Val de Drôme : plaine alluviale au pied du Vercors (rivière libre de barrage et de digues) Lit mineur, forêts alluviales, marais, pelouses, ; Castor, Putois, avifaune nicheuse, migrateurs transcontinentaux. Relative stabilité des milieux humides, apparition de gravières. Irrigation des cultures environnantes : risque d'assèchement estival. Création de la RN (350ha) en 1987 a limité l'extraction de granulats. 49 %
Plaine du Forez : plaine faiblement boisée comprenant plus de 250 étangs, traversée par le cours de la Loire et de ses affluents. Avifaune : 134 espèces nicheuses, 232 observées. Maintien quantitatif et qualitatif des étangs ; mais forte régression des prairies. 1960-1980 : pertes de surfaces bocagères, mise en place d'irrigation par aspersion qui nuisent à l'intérêt écologique des prairies (souvent reconverties en cultures).1981-1992 : Création de l'autoroute ; Création d'étangs (intéressants au bout de quelques années) ; Urbanisation (Sud de la plaine) 9 %
Dombes : Etangs artificiels et piscicoles subissant une alternance évolage-assec. Avifaune nicheuse des étangs ; hivernage et migration de Limicoles et Anatidés. Régression des landes humides et prairies humides, mais extension des étangs et formations palustres. Dégradation du potentiel par intensification agricole en périphérie des étangs. 1960°-1980 : Extension du maïs, régression des herbages.1981-1992 : Intensification agricole, diminution des surfaces toujours en herbe, augmentation des terres labourables et des prairies artificielles. Urbanisation, perte du maillage de haies. Intensification piscicole (dégradation des milieux palustres et de la végétation flottante) 8 %
Velay, Livradois, Forez, Haut-Vivarais : petites zones humides de montagne Busard cendré, Pipit Farlouse, Lézard vivipare. Régression des landes et tourbières.1960 -1980 : Quelques drainages de tourbières pour des reboisements en épicéa ; régression du pastoralisme.1981 - 1992 : Vastes surfaces de Haute Chaume boisées. Protection très ponctuelle
Alpes du Nord : ensemble de petites zones humides de vallée et piedmont : tourbières, cours d'eau et leurs annexes dans les vallées alpines, ensemble de marais, lacs préalpins (dont Annecy) Harle bièvre, Rousserolle verderolle. Forte régression des ripisylves. Dégradation de certaines tourbières. Progression des landes humides sur les pentes sous-pâturées. Stabilité des formations palustres, des torrents et des lacs naturels.1960 - 1980 : Aménagements touristiques, infrastructures dans les vallées, forte fréquentation, développement de l'hydroélectricité.1981 - 1992 : Aménagements touristiques, infrastructures dans les vallées, forte fréquentation, déprise agricole moins forte que dans les autres massifs (Beaufort, Reblochon). Protections réglementaires limitées dans l'espace, pas de politique globale.


II.3.1.3. Recensements agricoles de 1988 et 2000 (AGRESTE)

L'analyse réalisée par les groupes de travail thématiques ORGFH montre que l'évolution des pratiques agricoles, et du type d'utilisation agricole du sol en particulier, est un facteur ayant influé fortement sur les habitats de la faune sauvage.

Les campagnes agricoles de 1987-1988 et 1999-2000 permettent de visualiser les grandes tendances des principales cultures en Rhône-Alpes.

  Graphique n° 3 : Evolution de certains types de milieux en Rhône-Alpes
cliquez sur la vignette pour agrandir le graphique
               (Source : AGRESTE)

On observe une progression du maïs (grain et semence), des prairies temporaires et des jachères (les surfaces occupées par celles-ci restant encore faibles).

Par contre, la culture d'oléagineux a diminué en terme de surface, ainsi que les prairies artificielles.

Parmi les milieux les plus importants en terme d'habitat pour la faune sauvage (avifaune prairiale notamment), les superficies toujours en herbe ont diminué de plus de 10%.


II.3.1.4. Evolution de la surface boisée en Rhône-Alpes
En 25 ans, la surface boisée en Rhône-Alpes a augmenté de 16 % environ.

Notons que cette information, brute, ne permet pas de juger d'une amélioration de la qualité des habitats de la faune sauvage.
En effet, la qualité des nouvelles surfaces boisées, en terme d'habitat pour la faune, dépend des essences plantées, du régime (futaie, taillis, taillis sous futaie…) et du traitement (régulier, jardinage…).
On constate en Rhône-Alpes une augmentation annuelle de la surface de la forêt de 4500ha. Ainsi, il peut exister, dans certaines zones, un risque de fermeture du paysage par extension de la surface forestière.
Par contre, il faut noter une diminution de 11 % de la surface boisée hors forêts de 1982 à 1990 en France (haies notamment) (M.A.T.E in ROCAMORA G., 1993).



II.3.2. Cartographie des zones riches en biodiversité

Pour les besoins du Schéma de Services Collectifs des Espaces Naturels et Ruraux (1999), deux cartes " biodiversité " ont été réalisées, en concertation avec plusieurs acteurs concernés par la gestion de la faune sauvage et de ses habitats.

Ont été distingués :
    - les milieux terrestres remarquables au niveau national et régional
    - les axes migratoires de l'avifaune (couloirs et cols de migration, et principaux relais)
    - les milieux aquatiques importants pour leur contribution à la biodiversité.

  Carte n° 4 : Milieux terrestres et axes migratoires de l'avifaune
cliquez sur la vignette pour agrandir la carte
               

  Carte n° 5 : Milieux aquatiques importants pour leur contribution à la biodiversité
cliquez sur la vignette pour agrandir la carte
               


II.3.3. Etat des lieux à dire d'experts

Rappelons que l'état des lieux a été réalisé à dire d'experts, et sur la base d'éléments bibliographiques. L'état des lieux a ciblé les facteurs ayant eu un impact sur la faune et ses habitats, ces 30 dernières années en Rhône-Alpes.
Voici présentées les principales tendances d'évolution :

…des habitats en Rhône-Alpes

    - forte régression des prairies humides
    - régression des ripisylves (moyenne vallée du Rhône, cours d'eau des vallées alpines…)
    - diminution des surfaces toujours en herbe (de plus de 10 % de 1988 à 2000)
    - dégradation du potentiel des étangs (en Dombes essentiellement) par intensification agricole en périphérie des étangs (et ce malgré une extension en surface)
    - augmentation de la surface boisée de 16 % de 1970 à 1995 (risque de fermeture du paysage par endroit)
    - diminution de la surface boisée hors forêt (haie notamment)
    - augmentation de la surface en maïs (grain et semence)

…de la faune sauvage
    - forte régression de la petite faune des plaines et collines
    - forte progression de la grande faune de plaine et de montagne, surtout pour les cervidés et le sanglier
    - fragilité de la petite faune de montagne dont le suivi, pour certaines espèces, est assidu (Observatoire des Galliformes de Montagne)
    - situations variables pour l'avifaune, qui fait également l'objet de suivis (programme STOC pour les oiseaux communs, suivi des Anatidés et Foulques hivernants, et des oiseaux de passage, par les réseaux ONCFS/FDC…)

Les menaces qui pèsent sur les habitats de la faune sauvage sont le plus souvent :
    - la destruction directe du milieu, définitive ou temporaire (mais à une période clef du cycle vital) ;
    - l'uniformisation des paysages : cela est probablement en lien avec le fait que, parmi les oiseaux communs, les espèces spécialistes d'un habitat donné ont tendance à régresser plus que les généralistes ;
    - la séparation des zones favorables par des infrastructures linéaires (de transport essentiellement) parfois infranchissables ou meurtrières.

Pour plus de détails, le lecteur se reportera aux rubriques " état des lieux " des fiches Orientations de gestion (chapitre III) et à l'annexe 3 présentant le compte-rendu complet du groupe de travail thématique correspondant.


II.3.4. Etat sanitaire de la faune sauvage et causes de mortalité

  Au niveau national, les études du réseau SAGIR (cf. annexe 6) concernant les causes de mortalité des animaux analysés, montrent les résultats suivants.

  Graphe 5 : causes de mortalité de la faune sauvage (source SAGIR)
cliquez sur la vignette pour agrandir le graphique

On peut noter que, parmi les animaux analysés :
    - 40% des oiseaux, 16% des renards et 10% des sangliers sont morts par intoxication
    - 64 % des sangliers et 25 % des renards sont morts à cause de traumatismes,
         ainsi que 11% des oiseaux
NB : les collisions sur la route sont sous-représentées dans les résultats SAGIR, car largement auto-diagnostiquées (source bilan SAGIR 1999).

  En Rhône-Alpes [Informations communiquées par le Docteur Vétérinaire M-E TERRIER, centralisatrice SAGIR] :

Les espèces les plus analysées par le réseau SAGIR sont le Chamois, le Chevreuil, le Lapin de garenne, le Lièvre, le Sanglier. Le Renard et le Colvert sont également régulièrement enregistrés.

Les maladies dites " les plus graves " sont les plus mortelles pour la faune sauvage (EBHS : hépatite virale des lièvres, VHD : maladie virale touchant le Lapin de garenne [De récentes recherches (Inserm de Nantes) suggèrent qu’une sélection d’animaux résistants serait possible au sein des populations de lapins touchées par le virus de la V.H.D (in Infochasse Isère, 2002)] ) ou celles les plus dangereuses pour l'Homme (tularémie), ou enfin les plus menaçantes pour les élevages. On peut citer la Brucellose qui donne lieu à un suivi particulier dans la Drôme.
Résumé
Principal facteur négatif identifié :
La dégradation et la disparition des habitats favorables à la faune sauvage (notamment pour la petite faune de plaine et de montagne, et la faune liée aux zones humides).

Autres facteurs négatifs :
      Le dérangement, par diverses activités humaines, à des périodes sensibles pour certaines         espèces.
      La mortalité accidentelle due aux aménagements humains, à l'emploi de produits toxiques         et à certaines pratiques agricoles et sylvicoles.
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