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Définition

Une toile de fond familière

Les paysages agraires sont ceux que l’on assimile d’abord à des espaces façonnés et gérés par l’activité agricole, habités visiblement par l’homme de façon permanente. L’activité humaine se traduit par la présence de champs cultivés, de prairies clôturées, de constructions ou d’ensembles bâtis. Le mode d’assemblage de ces éléments constitue des structures paysagères complexes, qui varient selon la géographie et l’histoire locale.

  • Maintenir la diversité des paysages ruraux à l’échelle régionale.
  • Soutenir l’activité agricole ou pastorale lorsqu’elle contribue à maintenir le caractère « ouvert » des paysages et des vues.
  • Accompagner les évolutions agro-industrielles et l’intégration de la modernité, dans des conditions maintenant le niveau initial de qualité paysagère.
  • Accompagner les espaces en déprise agricole en revalorisant leurs atouts patrimoniaux (conseil des CAUE, architectes…).
  • Introduire la notion de qualité architecturale dans les constructions agricoles.
  • Maintenir l’agriculture périurbaine.
  • Lutter contre la standardisation des pratiques agraires et la banalisation des terroirs, et renforcer les traits distinctifs des unités paysagères.
  • Intégration de critères de diversité et de qualité paysagère dans toutes les procé- dures d’aménagement rural : subventions agricoles, remembrements, contrats de rivières, etc.
  • Utilisation de la lecture des paysages comme moyen de communication et support de médiation des projets.
  • Renforcement des prescriptions paysagères dans les documents d’urbanisme.
  • Promotion d’une architecture contemporaine de qualité qui prenne en compte le caractère rural du paysage environnant et les techniques Haute Qualité Environnementale (HQE).
  • Renforcement des compétences techniques des collectivités locales en matière de paysage et d’architecture (recours aux paysagistes, CAUE, architectes…)
  • Développement des volets paysagers des études d'environnement dans les procédures de remembrement.

Représentation collective

La nostalgie d'une certaine idée de la campagne

St Maurice en Gourgeois

Ces paysages représentent un peu nos racines en termes de références collectives : les paysages dont nous sommes issus. Ils sont constitués d’éléments repères qui varient selon les « pays »: le clocher, le chemin, la rivière, le pré, le troupeau… A cet égard, les références esthétiques et les stéréotypes sont abondants et largement diffusés.

Mais la représentation de ce type de paysage n’est pas simple. Tandis que la valeur agronomique liée à la productivité déterminera la qualité du paysage pour l’agriculteur, les autres habitants attendent une image plus traditionnelle liée au bon entretien des espaces, entretien qui est l’un des objectifs premiers de la loi d’orientation agricole de juillet 1999.

Enfin, l’attente des populations urbaines tient davantage à une image nostalgique de la campagne, d’inspiration bucolique ou emblématique de la « douce France », des premiers congés payés, des maisons de campagne, pique-niques et prome- nades dominicales, à une époque où les signes agro-industriels étaient encore discrets.

PRECEDENT
IMPRESSION

Evolution de ces paysages

Une identité fortement dépendante de l'activité agricole


ferme dans les vallons de l'est de Tarare

la Tararais forestier


L’économie agro-industrielle est croissante et ses signes se multiplient : agrandissement des parcelles, hangars agricoles, élevages hors sol, arrosages automatiques, « roulés » sous plastique…. Elle apporte à ces paysages une connotation active et contemporaine mais contribue aussi à banaliser les différents terroirs au plan européen.
En cohérence avec leur vocation productive, les paysages agraires présentent une certaine évolutivité et capacité d’absorption des modifications physiques. Le remembre- ment et les implantations d’entreprises agroalimentaires modifieront de façon pro- gressive ces paysages sans nécessairement remettre en cause leur dominante agraire.

Toutefois, dans les années à venir, on peut craindre qu’au-delà d’un certain seuil de déprise agricole, une partie de ces paysages agraires « régresse » vers le type naturel ou vers un type nouveau en jachère, sans identité réelle.
La diffusion de l’urbanisation, qu’elle soit sous la forme d’habitations, de zones d’activités ou d’équipements, pourra faire évoluer ces paysages vers le type périurbain ou émergent.
Enfin on peut imaginer que les paysages qui seront les moins affectés par les évolutions conserveront une image traditionnelle de campagne, dont la rareté pourra les faire tendre vers le type patrimonial.

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