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Les paysages agraires représentent environ 29 % du territoire régional. Ils sont en régression sur l’ensemble de la région, même s’ils restent encore largement représentés sur la Loire et le Rhône. Ils ont tendance à disparaître en périphérie des grandes villes au profit de paysages émergents. Cette famille de paysages régionaux offre des structures paysagères variables selon les supports géographiques : la plaine de l’Ain, les monts du Lyonnais, le plateau du Haut-Vivarais, les collines drômoises. Enfrichés ou emboisés, certains anciens espaces agraires évoluent vers un type semi-naturel un peu hybride (Tararais forestier, Monts de la Madeleine, collines de l’Albanais) plutôt fermé, peu accessible aux loisirs et à la contemplation.
Les grands paysages naturels représentent environ 17 % du territoire régional. Troisième famille des paysages régionaux, ils sont, peut-être, avec les grandes villes, les plus attractifs et connus. Les guides et publications touristiques leur confèrent une notoriété nationale ou internationale : Vanoise, Chartreuse, lacs du Bourget, d’Annecy et du Léman, gorges de l’Ardèche… Les trois départements montagneux, Isère, Savoie, et Haute-Savoie, sont plus massivement concernés par la fréquentation touristique et ses incidences : colmatage des vallées, évolution vers des paysages de grands équipements (vallée de l’Arve, vallée de la Maurienne, gorges de la Romanche..), pression immobi- lière et évolution vers des paysages émergents ou de loisirs. Une augmentation des unités de loisirs est prévisible car cette tendance est déjà palpable en plusieurs lieux : massif du mont Blanc, massif des Aravis, Tarentaise, gorges de l’Ardèche.
Les paysages émergents représentent environ 6 % du territoire régional. Ces anciens paysages naturels ou ruraux, sont particulièrement présents dans le Rhône, l’Ain, l’Isère et la Haute-Savoie. En seulement dix ans ces paysages se sont suffisamment développés pour devenir un type de paysage en soi représentatif à l’échelle de la région. C’est le cas par exemple du sud-ouest lyon- nais, du pourtour de la Dombes, du sillon alpin (Chambéry - Grenoble), de la ville nouvelle de L’Isle d’Abeau. Cette tendance, caractérisée par une évolution très rapide, affecte aujourd’hui des espaces de plus en plus éloignés des villes. Ces territoires, recherchés pour la qualité de leur cadre de vie, ont des profils paysagers particuliers et souvent sensibles : coteaux sud du Revermont ou du Lyonnais, tour des lacs d’Annecy ou Léman. On note un fort développement de ces paysages « émergents » dans le Pays de Gex, le Genevois français et le Chablais Lémanique, secteurs qui pourraient être exposés à une pression encore accrue dans les prochaines années du fait des accords bilatéraux franco-suisses.
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Les paysages ruraux-patrimoniaux représentent environ 34 % du terri- toire régional. Ils arrivent en première position en terme de superficie et contri- buent fortement à l’identité de la région. Les nouvelles politiques agricoles ont stratégiquement permis de développer les productions de « terroir » (Appellations d’Origine Contrôlée, Labels) sur des paysages ancestraux dont les composantes s’assimilent à un « patrimoine » : alpages du Beaufortin et chalets d’affinage, noyers du Grésivaudan et séchoirs à noix, étangs de la Dombes. Particulièrement représentée dans l’Ain, l’Ardèche, la Drôme et la Haute-Savoie, une partie des paysages ruraux patrimoniaux est aujourd’hui économiquement stable ou peu menacée (Beaujolais, Beaufortin …), mais d’autres reposent sur des équilibres fragiles (Dombes) ou sont déjà modifiés par des changements de spéculation agricole et la pression foncière (bocage bressan, Val de Saône…). La question de la qualité architecturale (constructions contemporaines, réhabilitations, bâtiments agricoles) pourrait constituer également un enjeu culturel préoccupant.

Les paysages urbains et périurbains supérieurs à 2 km2 représentent environ 5 % du territoire de Rhône-Alpes. Les centre-villes « historiques » semblent aujourd’hui figés dans des formes urbaines denses et surprotégées, voire muséifiées. Ils offrent un patrimoine historique et un paysage urbain d’intérêt national et parfois international (site Unesco de Lyon, canaux d’Annecy, centre de Chambéry). Les tendances évolutives concerneront davantage les périphéries bâties (réhabilitations de grands ensembles telles que celles de Vaulx-en Velin ou Venissieux, requalification des entrées de villes) ou les paysages naturels périurbains. Certains de ces espaces, interstitiels ou formant des coupures vertes, jouent un rôle indispensable. En effet, ils évitent la création de conurbations continues le long des infrastructures, ou la disparition de zones d’expansion des crues. Ces paysages naturels périurbains appelleront une attention croissante en terme de protection (vallons de l’ouest lyonnais, Val de Saône, mont Salève…), de requalification (plan Rhône, plan Loire Grandeur Nature, etc.), et de gestion de la fréquentation. 30

Les paysages naturels de « loisirs », paysages récents, représentent environ 2 % du territoire de Rhône-Alpes (11 % en Savoie). Nous avons retenu, comme significatifs de ce type de paysages à l’échelle régionale, certains secteurs de Savoie (les « trois vallées », la moyenne Tarentaise) ou d’Isère (complexe de l’Alpe d’Huez et des deux Alpes). Les évolutions les plus évidentes concerneront les stratégies d’interconnexion entre les domaines skiables par des versants ou des vallées relativement préservés jusqu’alors. Ce qui pourrait avoir une incidence sur la proportion de coupures naturelles vierges dans les massifs montagnards. D’autre part certaines unités dont l’identité dominante est encore naturelle pourraient basculer dans ce type naturel de loisirs. Il s’agit du massif du mont Blanc, de la vallée de St Gervais, la Tarentaise. Ici les enjeux en terme de développement durable et d’équilibre entre tourisme et préservation de la nature et des paysages représentent des priorités politiques.

Les paysages marqués par de grands aménagements représentent environ 7 % du territoire régional. La région, striée du nord au sud par la large vallée du Rhône et, d’est en ouest par les vallées menant aux Alpes, est marquée par ces grands couloirs de déplacement, qui peuvent contribuer négativement à son image. L’accumulation (autoroute, ligne TGV, routes nationales, centrales nucléaires et éoliennes) ou les stigmates de la désindustrialisation dévalorisent ces secteurs : vallée du Rhône, l’est lyonnais, l’est valentinois, la cluse de Nantua, la vallée de la Maurienne, la vallée de la Romanche. La programmation actuelle des infrastructures, en nette diminution, présente parfois des aspects environnementaux positifs (contournements, fret, ferroutage…) mais pourrait affecter le cadre de vie de certains territoires périurbains (région de Chambéry, Lyon, Grenoble...). D’autre part, les projets de fermes éoliennes dans les départements de la Drôme et de l’Ardèche se multiplient. Du fait de leurs dimensions importantes, ces nouvelles « fermes » pourraient modifier l’image de certains secteurs, particulièrement ceux, plus sensibles, dont les qualités paysagères patrimoniales sont reconnues et recherchées par les touristes : haut-plateau cévenol, Drôme provençale, Vercors.

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