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Définition

Quand le paysage devient patrimoine

Les paysages ruraux-patrimoniaux se distinguent des paysages agraires en raison de structures paysagères singulières qui leur confèrent une identité forte.
Elles sont le résultat d’une spécialisation agricole et de modes de faire traditionnels et transmis. On trouve généralement dans ces paysages une archi- tecture caractéristique et un petit patrimoine rural mais aussi des traces qui attestent d'une histoire ancienne. Cet ensemble de facteurs confère à ces paysages une dimension culturelle.

  • Identifier les caractéristiques identitaires fortes (trames paysagères, architecture, petit patri- moine...) en vue de leur préservation.
  • Orienter les aides agricoles vers les exploita- tions qui participent au maintien de ces paysages.
  • Soutenir les actions spécifiques de reconquête de certains paysages patrimoniaux (terrasses, bocages, vignes...).
  • Privilégier la réhabilitation du bâti existant plutôt que les extensions diffuses.
  • Développer une multifonctionnalité alliant la production et le tourisme (vente directe, artisanat local…).
  • Contrats d’agriculture durable.
  • Plans et chartes de paysage.
  • Subventions eur opéennes (pour les territoires éligibles).
  • Zones agricoles protégées (ZAP).
  • Actions d’inventaire et de réhabilitation menées par les parcs naturels régionaux.
  • Volet paysager des chartes et contrats de pays.
  • Mise en place de cahiers des charges connectant biens alimentaires et « biens paysagers » pour les territoires AOC ou les autres labels agricoles.
  • Renforcement de la prise en compte des paysages dans les PLU par des prescriptions paysagères et architecturales fines adaptées au contexte patrimonial local.
  • Mise en place pour les villages remarquables d’outils spécifiques de gestion et de mise en valeur du patrimoine bâti : ZPPAUP, OPAH...
  • Classement au titre des sites pour les paysages culturels les plus exceptionnels.
  • Actions culturelles de valorisation des paysages et du patrimoine : information locale, inscription dans les guides, routes à thèmes, etc.
  • Actions de conseil architectural et paysager en amont de tous travaux (CAUE, paysagistes, architectes-urbanistes).

Représentation collective

La nostalgie d'une certaine idée de la campagne

le Beaufortin

L’appréciation des paysages ruraux patrimoniaux est liée à des références esthétiques en architecture, arts et traditions populaires, à des critères d’ancienneté, d’authenticité, d’identité régionale. Ces références sont des objets architecturaux spécifiques tels que des fermes, chalets d’alpage, granges, associés souvent à un petit patrimoine rural (murs de pierres sèches, terrasses, canaux d’irrigation, mazots…). Mais il existe aussi des constantes relevant de l’histoire et déclinées locale- ment : châteaux perchés, présence d’architecture religieuse, ouvrages militaires. Ces paysages sont le fruit d’un état antérieur économique et culturel plus florissant souvent lié à la production d’un capital gastronomique reconnu qui perdure : grands crus, AOC, spécialités...

La valeur accordée par la société aux paysages ruraux-patrimoniaux est celle de paysages « culturels » au sens de l’UNESCO où l’ensemble de ces composantes devient système.

La demande exprimée des populations urbaines ou locales à l’égard des paysages ruraux-patrimoniaux, est clairement une demande de conservation de l’identité locale, parfois même de protection régle- mentaire. Elle s’inscrit désormais dans la logique d’une nouvelle économie rurale : tourisme, labels agricoles, vente à la ferme, etc.

Les paysages ruraux-patrimoniaux sont très représentés dans les nouveaux guides touristiques sans pour autant atteindre la notoriété des grands sites naturels. Il s’agit davantage de paysages touristiques « à vivre » et « à consommer » que de sites à contempler.

PRECEDENT
IMPRESSION

Evolution de ces paysages

Une identité fortement dépendante de l'activité agricole


la Dombes

les noyeraies du Grésivaudan

A la différence des paysages agraires, les paysages patrimoniaux présentent une faible capacité d’accueil des évolutions et aménagements nouveaux. Les critères d’appréciation esthétique évoqués plus haut sont a priori peu compatibles avec une abondance de signes de la société agro-industrielle et de la modernité. Une partie de ces paysages est aujourd’hui stable ou peu menacée, comme le vignoble ou la plupart des alpages, mais une autre partie repose sur des équilibres fragiles liés à une très grande spécificité des pratiques qui modèlent le paysage : c’est le cas des zones humides ou bocagères.

Toute déprise, changement de spéculation agricole, remembrement, lotissement, etc. est susceptible de remettre en cause les structures paysagères particulières. Ces transformations ont totalement modifié au XXème siècle l’image de certains départements comme l’Ardèche.
Des actions de restauration de paysages ont parfois été réalisées avec le concours du ministère de l’environnement : remise en état de terrasses de châtaigniers, de champs d’oliviers. Mais ces démarches volontaristes ne peuvent généralement concerner que des secteurs limités, à valeur de tests ou d’exemples.

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