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Définition

Ilots urbains, îlots de vie

Les paysages urbains ou périurbains concernent l’ensemble des territoires qui présentent visuellement une part prépondérante de constructions, d’infrastructures, d’espaces revêtus ou bâtis.
Cette famille englobe des morphologies urbaines très distinctes : centres historiques vernaculaires ou réguliers, faubourgs transformés et rattachés à la ville-centre, quartiers pavillonnaires, grands ensembles, zones industrielles, entrées de villes… Dans la cartographie DIREN ont été retenus les ensembles urbains de plus de 2 km2 significatifs par leur dimension à l’échelle régionale.

  • Identifier les structures paysagères d’ensemble et les éléments susceptibles de servir de trame directrice ou de point d’appui à l’urbanisme des banlieues.
  • Inventorier et conserver les éléments signifi- catifs du patrimoine récent des banlieues (HBM, cités-jardins, traces paysagères…) afin de développer la perception de l’historicité des lieux.
  • Réduire l’impact visuel de la publicité dans les quartiers périphériques.
  • Réduire la place de l’automobile dans les paysages des villes et des banlieues, au profit de modes de déplacement moins consomma- teurs d’espace et plus favorables à la qualité des paysages et à leur appréciation.
  • Poursuivre la valorisation du paysage patri- monial et des espaces publics des centres historiques tout en développant la recherche architecturale et paysagère contemporaine, qui participe à la dimension culturelle des quartiers.
  • Maintenir des politiques de mixité sociale et d’habitat pour conserver aux centres historiques un caractère vivant et habité.
  • Répondre à la demande des habitants en renforçant la présence des diverses formes de « nature en ville » et conserver des espaces naturels non bâtis au sein de la ville dense.
  • Favoriser la participation des habitants à l’élaboration et à l’amélioration du cadre de vie.
  • Développement de la dimension paysagère dans le projet d’urbanisme.
  • Mise en place de plans de références paysagers (plans bleus, plans verts, plan lumière…).
  • Développement des compétences en matière de paysage au sein des services des collectivités locales et des organismes d’aménagement.
  • Développement des politiques communales et nationales de réserves foncières dédiées à l’habitat locatif dans les centres-villes.
  • Article L 111-1-4 du code de l’urbanisme (« amendement Dupont ») qui permet de repenser les aménagements d’entrées de ville.

Représentation collective

Le lieu du vécu et de la subjectivité

Annecy

Ces paysages constituent le cadre de vie quotidien de la grande majorité de la population régionale.
Le site géographique peut conférer à certaines agglomérations une lisibilité et une identité particulières où urbanité et paysage sont indissociables : villes de colline, de fleuve, de front de lacs… Si le cadre de vie urbain est rarement identifié spontanément par la population comme étant un paysage, terme qu’elle réserve plutôt aux espaces naturels et ruraux, les espaces urbains ont pourtant été façonnés par une volonté esthétique de l’homme, à travers un urbanisme défini depuis le XVIIème siècle comme un « art urbain ». Ces paysages captivent et sont abondamment représentés et décrits par la peinture, la photographie, la carte postale, le cinéma, la littérature…
Au-delà des motifs classiques d’intérêt esthétique ou historique liés à l’architecture, aux monuments, et compositions urbaines, l’appréciation de ces paysages repose sur des valeurs de cadre de vie quotidien, qui tiennent au vécu des individus, à l’ambiance des rues, à la « poétique » de la ville ou de la banlieue, au domaine sensoriel même.

L’évocation des paysages urbains ou périurbains correspond souvent à une prise de position sur un modèle de société. Elle peut s’exprimer dans un registre critique tel le regard de Jacques Tati porté sur les paysages fonctionnalistes ou les descriptions redondantes et néga- tives des banlieues « défavorisées » et entrées de ville. Mais elle peut s’exprimer aussi dans un registre nostalgique, en érigeant en référence l’image d’une ville aux formes traditionnelles, d’échelle humaine, rassurante, riche de rapports sociaux plus ou moins idéalisés : c’est le Paris d’Amélie Poulain par exemple.
La notion de patrimoine urbain s’étend à des tissus urbains de plus en plus récents, moins pour la valeur historique de leur architecture qu’en raison de leur appropriation sociale et culturelle.

PRECEDENT
IMPRESSION

Evolution de ces paysages

Des enjeux politiques et écologiques

Place Bellecour
Valence

Les stratégies actuelles d’économie du territoire et de renouvellement urbain posent la question de « bâtir la ville sur la ville » et de la régénération des paysages urbains, loin des créations ex nihilo qui ont marqué les années 60. L’évolution urbaine concernera alors les réhabilitations de friches industrielles, de dents creuses urbaines…
L’importance économique et sociale du critère paysager se révèle également aujourd’hui dans les enjeux et les tendances significatives de reconversion et de réhabilitation des lieux périurbains, des « tiers-espaces » : grands ensembles, entrée de villes... Ces projets comportent de réels enjeux sociaux, politiques et fonctionnels et utilisent de plus en plus le paysage comme support de concertation et de communication, comme mode d’action.

La ville « constituée » plus ancienne a accédé à un stade paysager stable. La valorisation et la protection du patrimoine architectural et urbain se sont imposées depuis une quinzaine d’années. Les quartiers les plus anciens jugés avant cette période insalubres et parfois même voués à des destructions massives deviennent les fleurons des métropoles, leur image de marque. Le risque principal concerne la production d’un centre-ville musée, où l’urbanité n’est désignée que par des strates architecturales presque archéologiques. La notion de patrimoine urbain s’étend à des tissus de plus en plus récents dont la valeur n’est plus historique stricto sensu, mais sociale ou pittoresque, et incite à les valoriser et à les conserver : cités-jardins, premières Habitations Bon Marché (HBM)… Enfin l’idée d’une ville qui donnerait une place plus large à la nature reste une aspiration profonde des populations qui se traduit notamment par le développement de certaines banlieues « vertes » et par des requalifications paysagères : voies de chemin de fer, berges… Les stratégies de réintroduction de la nature en ville et la considération de la vacuité comme propriété positive de l’espace urbain (écosystèmes, nature esthétique…) héritées des traditions des villes du nord tendent à se développer.

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